vendredi 10 février 2017

PANTOMINE ... Poème de Paul Verlaine ..... La Commedia dell'Arte

Peinture de Paul Cezanne _ Pierrot et Arlequin


Le soleil, même présent manque de chaleur.... aussi  je vous invite à une intrusion dans ....

La Commedia dell’Arte,  forme de comédie populaire apparue en Italie vers les années 1550. Rompant avec la tradition du texte écrit, les comédiens improvisaient, et étaient masqués…


Prima



Pierrot, qui n'a rien d'un Clitandre,
Vide un flacon sans plus attendre,
Et, pratique, entame un pâté.

Cassandre, au fond de l'avenue,
Verse une larme méconnue
Sur son neveu déshérité.

Ce faquin d'Arlequin combine
L'enlèvement de Colombine
Et pirouette quatre fois.

Colombine rêve, surprise
De sentir un coeur dans la brise
Et d'entendre en son coeur des voix.

Paul VERLAINE ( 1844 – 1896 )

Les personnages les plus connus de La Commedia dell’Arte sont Pantalone marchand crédule qui essaye de masquer son âge pour séduire les femmes, il Dottore ( le Docteur ) qui emploie des mots latins pédants et confus, Pulcinella ( Polichinelle ) qui met au point des combines pour satisfaire sa méchanceté et ses désirs, il Capitano qui fanfaronne à popos de ses conquêtes guerrières et amoureuses….et Colombine, compagne de Pierrot, jeune femme ingénue romantique et amoureuse taquine d'Arlequin


samedi 31 décembre 2016

Ma sœur Eugénie ... poème de Maurice de Guérin ( extraits )

   
                                                 
Dans quelques heures l’année 2016 s’achèvera pour laisser la place à 2017 …

2017, une année qui ne s'annonce pas sous les meilleurs auspices, mais  gardons au fond de nos coeurs l'espoir de voir le sort des plus défavorisés s'améliorer et l'espoir de voir enfin rayonner sur notre planète la Colombe de la Paix.

À toutes et tous, en cette nouvelle année, je vous souhaite de pouvoir réaliser vos vœux et cueillir tous les petits bonheurs qui se présenteront à vous.

Prima





... / ...
Voici qu’une année,
Du mont éternel
Du ciel
Vers nous inclinée,
Sur nous va passer,
Glisser.
Vous qui, par les plaines
Écoutez les chants
Errants
Des choses lointaines,
Quel est aujourd'hui
Celui
De l’an qui s’avance ?
Est-ce un oiseau doux
Vers nous
Portant l’espérance
Et le rameau frais
De paix ?

Quel bruit font ses ailes
Je voudrais avoir
Ce soir
De sûres nouvelles
De ce nouvel an
Venant :
Aura t-il les charmes,
Ma sœur, de ces jours
Si courts
Où toutes nos larmes
Venaient du bonheur
Du cœur ?

Maurice de Guérin 

Mordreux, 31 décembre 1833.




Prima qui trouve qui fait bien froid  en cette fin d'année.




jeudi 15 décembre 2016

December Beauty... poème de Francis Dannemark



À l’approche de Noël pour les petits et aussi pour les plus grands qui ayant gardé leur âme d’enfant veulent encore croire aux légendes….. Prima

Une légende nous conte  la Rose de Noël qui fleurit pour la première fois près de l'étable de Béthléem...
Une petite fille rencontrant les Rois Mages les bras chargés de présents voulant se joindre à eux pleura de n'avoir rien à offrir au nouveau né. Ses larmes tombèrent dans la neige et un ange qui passait par là effleura la terre et fit éclore une Rose de Noël que la petite bergère put cueillir et offrir en cadeau au nouveau né....



Par sa seule beauté,
une rose dans le jardin de décembre
assure son équilibre
sous le ciel qui abrite ce matin
le crachin violent et les vents
mandatés pour ouvrir l'hiver.

Par sa seule beauté
- ou serait-ce aussi, posée sur
sa très longue tige, de simplement
se laisser aller à l'allegro du vent -,
par sa seule beauté, disais-je,
une rose dans le jardin de décembre
assure son équilibre
en se balançant sous le ciel
et sur la terre.  

 Francis Dannemark  ( né en 1955 ) 
 ( Calendrier de la poésie francophone 2011 ) 




dimanche 6 novembre 2016

Roses d'automne poème de Nérée Beauchemin


Plus de roses dans mon jardin, seuls survivent mes géraniums, quelques fleurs sur mon polygala, et mes hortensias ont triste mine en ce début de novembre.


Bientôt il nous faudra affronter l’hiver, saison qu’autrefois j’ai aimé et que désormais j’appréhende… les années passent…. ! 

Prima





Aux branches que l'air rouille et que le gel mordore,
Comme par un prodige inouï du soleil,
Avec plus de langueur et plus de charme encore,
Les roses du parterre ouvrent leur coeur vermeil.

Dans sa corbeille d'or, août cueillit les dernières :
Les pétales de pourpre ont jonché le gazon.
Mais voici que, soudain, les touffes printanières
Embaument les matins de l'arrière-saison.

Les bosquets sont ravis, le ciel même s'étonne
De voir, sur le rosier qui ne veut pas mourir,
Malgré le vent, la pluie et le givre d'automne,
Les boutons, tout gonflés d'un sang rouge, fleurir.

En ces fleurs que le soir mélancolique étale,
C'est l'âme des printemps fanés qui, pour un jour,
Remonte, et de corolle en corolle s'exhale,
Comme soupirs de rêve et sourires d'amour.

Tardives floraisons du jardin qui décline,
Vous avez la douceur exquise et le parfum
Des anciens souvenirs, si doux, malgré l'épine
De l'illusion morte et du bonheur défunt.

Nérée Beauchemin  (1850-1931)
Poète canadien





mercredi 21 septembre 2016

L'automne ... à Saint-Malo ___ Poème de Xavier Pierre




Quand le vent souffle de la mer
Sur les vagues des marées d'automne
Quand les pas du souvenir s'effacent
Que souffle la brise, sur la Passagère

Alors, je me souviens de lui,
Marchant solitaire près de Quelmer
Sur cette plage où la vague s'abandonne

Octobre " au Vallion " grelottait sur le sable.
Les cormorans, dans un claquement d'ailes,
Prennent l'air et s'envolent ... vers Saint Malo

Alors, je me souviens de lui.
Sur cette grève lointaine et monotone
Ressassée de vagues éternelles.
Où nous aimions rire et parler d'elles,
Notre Bretagne perdue, voilée, si belle

Dans les brumes du Mont-Saint-Michel
Quand mes pensées trop loin cheminent
Et morte-eau m'entraîne à Saint Malo
Là où passent les cavaliers du vent...

Alors, je me souviens de lui.
  
    Xavier Pierre  
      ( Aubes Armoricaines  )   

      



samedi 20 août 2016

Ô jours resplendissants roulés par l'eau de mer, _ Radiantes dias balanceados por el agua marina _ poème de Pablo Neruda




Ô jours resplendissants roulés par l'eau de mer,
et denses en leur coeur comme une pierre jaune,
ô la splendeur d'un miel respecté du désordre
qui préserva leur pureté rectangulaire.

L'heure crépite ainsi que l'essaim ou la flamme,
et vert est le besoin de plonger dans des feuilles
avant que tout en haut le feuillage devienne
un monde scintillant qui s'éteint et murmure.

Soif du  feu, multitude ardente de l'été
ô paradis que font seulement quelques feuilles :
pour la terre au visage obscur, pas de souffrances,

pour tous l'eau ou le pain, pour tous l'ombre ou la flamme,
et que plus rien, plus rien ne divise les hommes
que le soleil, la nuit, la lune, les épis.
                  
 Pablo NERUDA _ ( 1904 - 1973 )
( La Centaine d'amour )


samedi 9 juillet 2016

La réclame ( extraits )..... poème de Anaïs Ségalas


J’ai bien souvent pesté contre les publicités  qui envahissent ma boîte à lettres, tout comme celles qui envahissent nos mails et parfois les blogs. J’ai résolu le problème de ma boîte à lettres avec un autocollant fourni par La Poste… Quant aux  blogs, je conçois que certains hébergeurs qui offrent leurs plate-forme gratuitement ne peuvent pas «  vivre de l’air du temps »… mais parfois, «  trop c’est trop »…


Donc en feuilletant «  Poèmes de femmes, des origines à nos jours  » j’ai découvert un poème de Anaïs Ségalas qui m’apparut fort approprié à cette situation ... Prima



Annonces, prospectus, aux sept couleurs du prisme,
Rouges, verts, jaunes, bleus, on est vraiment lassé
De vous voir tout prôner, hors le charlatanisme
Qui préside à l’annonce  et n’est pas annoncé.

Pour tenter Cendrillon, on lui glisse au passage
L’adresse d’un soulier, qui lui fait un appel ;
Vers six heures on a l’adresse d’un potage ;
À l’abeille affamée on indique le miel.

…Place ! C’est l’afficheur… Auteurs, levez la tête :
C’est votre renommée à la blouse d’azur
Qui proclame vos noms sans tambour ni trompette
Et de vos grands succès fait parler chaque mur !

…On veut fuir prospectus, charlatans et tapage :
On rentre… on se repose, on déploie un journal…
Ciel ! La réclame y trône à la dernière page,
Bazar de l’industrie et palais de cristal !

…Tout veut briller aux yeux de la foule éblouie ;
Chaque ligne payée est un rayon vermeil
Et le caoutchouc même, inventé pour la pluie,
Demande son annonce et sa place au soleil !...


Anaïs Segalas  ( 1814 – 1893 )
( Nos Bons Parisiens, 1865 )





 Anaïs Ségalas est  une poetesse et critique membre de la Société des Femmes et de la Voix des Femmes à Paris en 1848, ainsi que d’autres organismes féministes parisiens en cette année là.

 Enfant précoce, elle a montré son talent poétique très tôt dans sa jeunesse quand elle a composé une ode d’anniversaire pour son père à l’âge de huit ans.

A quinze ans seulement, elle a épousé un avocat Basque, Victor Ségalas mais fait comme condition préalable de son mariage, son droit de développer ses talents littéraires, passant outre l’autorité matrimoniale de son mari.

A l’âge de seize ans, elle a édité sa première collection de poésies, Les Algériennes.

Elle pensait qu’une femme de talent possède le droit de poursuivre une carrière de ses propres moyens, appelant pour cela une certaine mesure d’égalité dans le mariage.